Le grand retour après 18 mois: un voyage au cœur de la neurodivergence
Aug 02, 2026
Dix-huit mois. C'est le temps qu'il m'a fallu pour que le silence soit enfin rompu.
Pour beaucoup, un an et demi représente une éternité dans le monde effréné du contenu en ligne.
Pour moi, ce fut une période de déconstruction, de réflexion profonde et surtout de découvertes qui ont changé le cours de mon existence.
Aujourd'hui je reprends la parole comme quelqu'un qui a enfin compris les rouages de son propre fonctionnement.
Cette vidéo est la première que je tourne depuis tout ce temps (même si ce n'est pas la 1ère que je publie). Elle est chargée d'une émotion particulière.
Elle n'est pas seulement un signe de vie mais le témoignage d'un parcours sinueux entre diagnostic, acceptation et reconstruction.
Si vous vous êtes déjà sentie en décalage ou si vous avez eu l'impression de faire fausse route sans comprendre pourquoi, ce récit résonnera sans doute en vous.
L'onde de choc du diagnostic TDAH et autisme
La raison principale de cette longue absence tient en quelques mots, mais des mots qui pèsent lourd: j'ai accueilli mon diagnostic de TDAH (Trouble du Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité) et d'autisme.
Recevoir ces nouvelles à l'âge qui est le mien, c'est comme recevoir les pièces manquantes d'un puzzle que l'on essaie de construire depuis des décennies. Tout d'un coup, le tableau d'ensemble devient clair, mais il demande aussi de tout remettre à plat.
Apprendre que l'on est neurodivergent change radicalement la perception que l'on a de son passé, de son travail et de ses interactions sociales. Il a fallu que je prenne le temps d'intégrer ces informations, d'apprendre comment mon cerveau traite réellement les informations et surtout de cesser de me juger selon des standards qui ne sont tout simplement pas les miens.
Ce diagnostic a été le point de départ d'une remise en question totale de ma vie et de mon activité professionnelle, notamment autour de mon site VivianeKcom.
La tension entre deux mondes: l'impulsivité face aux freins
L'une des expériences les plus marquantes de cette année et demie a été de vivre en toute conscience ce qu'on peut appeller l'écartèlement, phénomène complexe qui survient lorsque l'on combine le TDAH et l'autisme (parfois appelé AuDHD).
Pendant plus de soixante ans, j'ai fonctionné sans comprendre cette dualité interne qui me tiraillait dans des directions opposées.
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Le côté TDAH, mon moteur impulsif. C'est lui qui me pousse à découvrir mille nouvelles choses, à me lancer dans des projets passionnants sur un coup de tête et à explorer des territoires inconnus avec une énergie débordante.
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Le côté autiste, mon frein de secours. C'est la part de moi qui a besoin de structure, de prévisibilité et qui freine sec dès que l'impulsivité du TDAH m'emmène trop loin ou trop vite.
Pendant cette période de retrait, j'ai observé ces deux forces s'affronter.
J'ai vu mon impulsivité me suggérer de nouvelles idées brillantes, suivies immédiatement par une paralysie ou un besoin de retrait total dicté par mon profil autistique.
Vivre cela en ayant conscience des mécanismes à l'œuvre est à la fois libérateur et épuisant. C'est cette compréhension qui m'a forcée à m'arrêter pour ne plus me tromper de route.
La couche supplémentaire: le HPI
À ce duo déjà complexe s'ajoute la composante HPI (Haut Potentiel Intellectuel). Cette caractéristique vient encore amplifier les réflexions, les analyses et parfois le sentiment de décalage.
C'est un cocktail qui demande une gestion fine de son énergie et de ses attentes envers soi-même. Durant ces 18 mois, j'ai dû apprendre à naviguer dans ces eaux troubles, en essayant de trouver un équilibre entre mon besoin de stimulation intellectuelle et mes limites sensorielles et émotionnelles.
Tout remettre à plat: continuer ou recommencer?
Face à ces révélations, une question s'est posée de manière insistante: est-ce que je continue avec VivianeK.com ou est-ce que je recommence tout à zéro?
Quand on réalise que les fondations sur lesquelles on a bâti sa vie professionnelle ne prend pas en compte sa propre nature, il y a de quoi avoir le vertige. J'ai eu besoin de temps, beaucoup de temps, pour me poser les bonnes questions et m'assurer que, si je repartais, ce serait sur une base authentique.
Le perfectionnisme a aussi joué un rôle majeur dans ce délai. Cette peur de me tromper encore une fois, de m'engager sur une voie qui ne serait pas la bonne, m'a souvent paralysée. Il ne suffisait pas de trouver une solution théorique. Il fallait aussi trouver le courage de me confronter à nouveau au regard des autres, à la caméra et à la réalité du partage public.
Le défi de la reprise: me retrouver face à l'objectif
Même après avoir décidé de revenir, le passage à l'acte est une autre histoire! Se mettre devant son téléphone et commencer à parler après 18 mois de silence demande un effort monumental. C'est un vrai acte de courage. Je ne savais même pas, au moment de filmer, si je finirais par publier ces images.
Ce retour n'est pas accompagné de grandes promesses quant à la durée ou la régularité. Ma neurodivergence m'a appris que je ne peux pas garantir que je serai là chaque semaine pendant les dix prochaines années. La seule chose que je peux promettre c'est que ma présence sera désormais plus consciente et plus alignée avec qui je suis vraiment.
Ce qu'il faut retenir de ce parcours
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L'importance du diagnostic: mettre des mots sur un fonctionnement différent n'est pas une étiquette limitante, mais une boussole pour mieux naviguer dans sa propre vie.
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Accepter le temps long: il est parfois nécessaire de s'arrêter un certain temps pour ne pas s'effondrer et pouvoir repartir sur des bases saines.
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La dualité interne: comprendre le conflit entre l'impulsivité (TDAH) et le besoin de retrait (autisme) permet de mieux gérer son énergie au quotidien.
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Le courage de l'imperfection: revenir, même sans être certaine de la suite, est une victoire en soi sur le perfectionnisme.
Conclusion: un nouveau chapitre commence
Je suis de retour, avec mes doutes, mes diagnostics, mais aussi une clarté nouvelle que je n'avais jamais perçue auparavant. Ces 18 mois n'ont pas été du temps perdu. Ils ont été un investissement nécessaire dans ma santé mentale et la compréhension de moi-même.
Je ne sais pas encore exactement quelle forme prendra la suite, mais je sais que je veux être présente à nouveau et partager ce chemin avec vous.
Merci d'être encore là, ou de me découvrir aujourd'hui. L'aventure continue, mais cette fois, je connais enfin le mode d'emploi de la machine.
À très vite pour la suite!
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