TDAH: pourquoi j’agis seulement dans l’urgence?
Sep 13, 2026
Il y a quelque chose que je constate encore et encore dans mon fonctionnement.
Si je n’ai pas un véritable impératif, certaines choses peuvent rester en suspens pendant très, très longtemps.
Et attention: je ne parle pas d’un délai artificiel que je me fixe moi-même en me disant "bon allez, jeudi, il faut que ce soit fait".
Ça, clairement, mon cerveau s’en fiche complètement. 😅
Je parle d’un vrai impératif. Quelque chose qui fait que, si ce n’est pas fait à ce moment-là, il y aura des conséquences que je n’ai vraiment pas envie d’assumer.
Quand quelqu’un vient dormir dans mon bureau…
Exemple très concret: la seule pièce dans laquelle je peux faire dormir quelqu’un chez moi, c’est mon bureau.
Et mon bureau peut atteindre un niveau de cafarnaüm absolument remarquable. Des choses à ranger, des objets dont je ne sais plus quoi faire, des décisions à prendre… tellement de choses que je ne sais même plus par où commencer.
Ça peut durer des mois.
J’avais même trouvé une excellente explication pour justifier cette situation:
"Oui, c’est le bordel, mais c’est mon bordel.
Au moins, personne n’a envie de venir ici et j’ai la paix." 😅
Sauf que lorsque quelqu’un doit venir y dormir, tout change.
Là, il n’y a plus de choix.
Il faut ranger.
Et je le fais.
La motivation interne? Oui, mais pas pour tout
Cette observation m’a amenée à repenser à tout ce qu’on raconte au sujet de la motivation: interne ou externe.
Pour certaines tâches quotidiennes, ma motivation interne est proche de zéro.
Je peux essayer de me convaincre:
"Je vais me sentir tellement mieux lorsque tout sera rangé!"
C’est même probablement vrai.
Est-ce que ça me donne envie de ranger pour autant?
Ben non!
Je parle bien sûr ici de mon propre fonctionnement, sans chercher à généraliser.
Par contre, lorsqu’une idée arrive, qu’un projet se dessine, qu’un sujet m’intéresse et que j’ai envie de comprendre, de créer ou d’apprendre quelque chose, c’est une autre histoire.
Là, je peux y passer des heures.
Une journée, deux, cinq, en oubliant presque tout le reste!
Donc oui, la motivation interne existe bel et bien chez moi.
Elle n’est simplement pas répartie équitablement entre tous les domaines de ma vie.
"Je peux le faire. Mais à quel prix?"
Pendant longtemps, je regardais tout ce que j’arrivais finalement à faire et je me disais:
"Tu vois bien que tu en es capable!"
Oui. J'en suis capable.
Mais depuis mes diagnostics d’autisme et de TDAH, une autre question a enfin obtenu le droit d’exister:
"Je peux le faire. Mais à quel prix?"
Parce que répondre à tous ces impératifs extérieurs demande de l’énergie, de l’attention, de la mobilisation et de la disponibilité mentale.
Et toute cette énergie, elle n’est plus disponible.
Notamment pour mes idées, mes projets et tout ce qui, justement, vient de moi, de mon élan.
Je ne peux plus être sur tous les fronts
Aujourd’hui, ma situation est différente.
Mes enfants sont adultes. Ma vie n’est plus organisée de la même manière.
Et surtout, je ne me regarde plus de la même manière.
Je comprends que je dois faire des choix.
Si je donne davantage de place à mes projets et à ce qui m’intéresse vraiment, certaines autres choses prennent moins de place.
Je ne gère plus tout.
Je ne réponds plus systématiquement à tout. Et ça se voit.
Et parfois, si quelque chose doit absolument être fait, quelqu’un d’autre devra prendre le relais.
Vu de l’extérieur, on pourrait me dire:
"Mais puisque tu es capable de le faire, c’est quand même dommage de ne pas le faire."
Sauf que la question n’est plus seulement de savoir si je peux.
La question devient:
"Si je fais ça, qu’est-ce que je dois laisser tomber?"
La voie du milieu, non merci!
Depuis mes diagnostics, j’ai fait comme un mouvement de pendule.
Pendant des années, j’ai énormément répondu aux impératifs et aux attentes extérieures.
Aujourd’hui, j’ai tendance à partir dans l’autre direction.
Je peux dire non.
Je peux décider qu'aujourd’hui, je fais ce qui m’intéresse et que le reste attendra.
Peut-être que ce pendule trouvera encore une autre façon de fonctionner.
Mais alors attention: ne me parlez pas de "juste milieu". 😅
Cette idée de faire chaque jour un peu de travail, un peu de ménage, un peu d’administratif, d'être un peu créative… Rien que d’y penser, je sais que ça ne me correspond pas.
Mon équilibre pourrait plutôt se construire dans une temporalité plus large, par longues périodes.
Avec des moments où quelque chose prend énormément de place, puis d’autres où je reviens vers ce que j’avais laissé de côté.
Je ne suis pas encore certaine.
Je cherche toujours.
Qu’est-ce que je choisis à la place?
Je n’ai aucune envie de devenir super organisée.
Je ne cherche pas une recette parfaite.
Et je doute fort de découvrir soudain en moi une passion pour le rangement. 😅
J’aimerais simplement trouver une façon de fonctionner qui me permette de suivre mes idées sans que ma maison et mes relations aient trop à en pâtir.
Et finalement, il y a déjà une bonne nouvelle!
Aujourd’hui, lorsque je laisse quelque chose de côté, je peux essayer de ne plus me dire...
"Je suis incapable."
"Je suis vraiment lamentable de ne pas gérer mieux que ça."
Je peux poser une autre question:
"Qu’est-ce que je suis en train de choisir à la place?"
Et ensuite regarder si, oui ou non, ce choix me convient.
Et si un carton de bananes reste encore deux jours au milieu du salon, finalement, ce n’est peut-être pas si grave. 😉
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